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Les pièges qui écoeurent

Les pièges qui écoeurent

Un dossier au parquet de Nivelles après la mort barbare d’un chien dans un piège à mâchoires

BRAINE-L'ALLEUD Un habitant de Braine-l’Alleud, la Division Nature et Forêts de la Région wallonne et Animaux en Péril déposent plainte et se constituent parties civiles après la mort d’un chien tué par un piège à mâchoires. Le dossier est au parquet de Nivelles pour cruauté envers les animaux (loi sur le bien-être animal du 14 août 1986) et infraction à la loi régionale sur la chasse de 1994.

L’animal, un bouvier que son maître recherchait, a été trouvé dans le bois du Foriest, la patte avant droite prise dans un piège à dents.

Selon un vétérinaire, l’agonie a pu durer plusieurs jours durant lesquels le bouvier a tiré et tiré jusqu’à ses dernières forces. Les pièges à mâchoires comme moyen de capture qualifié de “cruel et barbare sont interdits dans l’UE depuis 1991.

L’appareil a été saisi, un piège à fauves assez costaud pour piéger un animal de la taille et de la force d’un ours, muni d’une chaîne à maillons et d’un triple crochet. Trois adultes ont dû s’y mettre pour l’ouvrir et libérer la carcasse. La patte brisée ne tenait plus que par des lambeaux.

“Et si des enfants avaient joué à cet endroit”, s’interroge Nicolas Mortier à qui appartenait Otto. Aucun panneau ne signale le danger. L’endroit est situé près de la sablière du bois du Foriest, site classé par la Région wallonne comme “de grand intérêt biologique”.

“Que des gens continuent d’utiliser de tels pièges contre les renards est criminel […]. Est-ce qu’ils se rendent compte des risques qu’ils font courir aux enfants et même aux adultes qui viendraient à y mettre malencontreusement le pied ?”

Depuis 16 ans en Wallonie, la loi régionale sur la chasse n’interdit pas seulement l’utilisation de ces pièges à dents, mais aussi la vente et la simple détention. Elle prévoit de 500 € jusqu’à 5.000 € d’amende.

Selon Nicolas Mortier, le propriétaire du chien, la police de Braine-l’Alleud a pourtant refusé d’acter la plainte.

“J’ai dû annoncer à notre petite fille que nous ne reverrions pas Otto”, confie M. Mortier, révolté.

Otto a fugué le 22 juin. J’ai mis des affichettes avec sa photo, qui n’ont rien donné pendant tout un temps mais, finalement, c’est un chasseur qui m’a indiqué l’endroit. C’est grâce au collier que j’ai la certitude qu’il s’agit bien d’Otto. Il avait 3 ans et demi. Il provenait d’une nichée de 8. C’était un gentil chien.”

“J’essaie de ne pas imaginer les souffrances qu’il a pu endurer. Cette carrière est située à quelques centaines de mètres. Quand on l’a appelé, les premiers jours, Otto a certainement dû nous entendre. Et tirer encore plus fort sur sa patte…”

L’enquête est confiée à Nature et Forêts, dont les agents ont compétence d’officiers de police judiciaire. Chaque année, ceux-ci dressent de l’ordre de 5 P-V en relation avec ces pièges à mâchoires.

Décidée à faire un exemple, Animaux en Péril, qui prend les frais d’avocat et de constitution de partie civile à sa charge, ira “jusqu’au bout”, confirme sa porte-parole, Marie-Laurence Hamaide.

Gilbert Dupont

© La Dernière Heure 2010

Mis à jour (Mardi, 07 Septembre 2010 10:42)

 
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