Les informations sur le chien dans votre région

“ Mon chien de patrouille vaut plusieurs hommes ”

“ Mon chien de patrouille vaut plusieurs hommes ”

<P>Avec Black. “ Le chien est un moyen de se rapprocher des  gens ”<CREDIT> Jo.D.</CREDIT> </P>

Avec Black. “ Le chien est un moyen de se rapprocher des gens ” Jo.D.

 

ENTRETIEN avec Olivier Brohez Inspecteur à la brigade canine de la police Boraine Maître de Black et de Paco à propos de sa passion du métier

On imagine qu’un maître-chien est très proche de son compagnon. Jusqu’à quel point?

Le chien appartient au maître-chien. Donc, je vis avec lui à la maison. Au travail, mon chien est mon collègue, pas un outil. Sans lui, je ne suis rien et sans moi, mon chien déprime.

À vous entendre, vous préférez la compagnie de votre chien à toute autre!

Bien au contraire. On peut penser que la présence du chien dissuade les gens. Mais hors intervention, c’est l’inverse. Le chien est un moyen formidable de se rapprocher des gens. Ils entament une conversation d’eux-mêmes, en posant quelques questions concernant le chien. Dans ces conversations, les citoyens confient parfois certains problèmes que je relaie à l’agent de sécurité.

On peut comprendre l’utilité d’un chien pisteur par exemple, mais on a parfois du mal à saisir celle du chien de patrouille.

Le maître-chien et son compagnon ont un rôle de soutien, de renfort. Avec la présence du chien, on peut parfois éviter bien des dégâts à certains moments. Nous sommes une protection pour les collègues et pour les citoyens. En plus, mon chien de patrouille vaut plusieurs hommes.

C’est un peu difficile de gérer à la fois une personne et un chien dans certaines situations?

Tout est à l’appréciation du maître-chien selon la situation. Si je sens que les personnes sont trop excitées, je laisse le chien dans la voiture. S’il ressent la nervosité des personnes, il va s’énerver lui aussi. Et là je vais devoir gérer les deux parties.

Mais une morsure en légitime défense est très rare.

Votre budget consacré au chien doit être important. Pouvez-vous donner une idée?

À ce niveau-là, je n’ai pas réellement de problèmes. La zone de police boraine couvre tous nos frais. Le matériel, les frais médicaux, la nourriture, du moment que c’est nécessaire. Ce n’est pas le cas dans toutes les zones de police.

Quels chiens?

Pourquoi des bergers belges malinois?

En général, même si la police et les services de sécurité peuvent utiliser d’autres chiens qui ont aussi de bonnes facultés, ils privilégient le malinois qui est un chien très polyvalent. Physiquement, ce chien allie vitesse, souplesse et agilité. Sa capacité d’apprentissage, sa volonté de travail et son courage en font un des coéquipiers les plus prisés. Le malinois est utilisé pour tous types de missions. Recherche d’objets, de corps, patrouille, car très sociable, mais aussi des interventions plus “ musclées ” sur le terrain.

 

Violaine est la première femme maître-chien

Violaine est la première femme maître-chien

Violaine et Eska patrouillent sur le réseau des chemins de fer à partir de Mons

Maître-chien à la police, un métier d’homme? Pas du tout. Violaine Colantoni, inspecteur de police et seule femme à la brigade canine des chemins de fer en région wallonne, veut lever le voile sur un métier souvent réservé aux hommes et que les femmes connaissent peu.

Les femmes n’ont pas assez de poigne avec leur chien. Comment une femme peut retenir son animal? Les femmes ont une condition physique insuffisante. Elles sont trop sentimentales avec leur chien...

Voilà le genre de réflexions que Violaine Colantoni a souvent entendu! Clairement, pour elle, aucun de ses préjugés n’est fondé.

“ Le monde des chiens est un monde de machos, dit-elle. Ces réflexions n’ont aucun sens. Premièrement, il ne faut pas de poigne. J’ai bien formé mon chien et il est très obéissant.

Ensuite, sous leur apparence de rustre, les hommes ont aussi un cœur. Et pendant ma formation, après vingt bornes, j’étais derrière des hommes, mais des hommes étaient aussi derrière moi ”, précise notre agent.

Une chose est sûre, elle a dû faire sa place. D’autant plus que le métier de maître-chien n’est pas toujours bien vu par certains policiers. Parfois même par des collègues proches. Alors que, Violaine en est persuadée, un chien vaut plusieurs personnes! Il est très dissuasif au côté de son maître. “ Quand on rentre dans ma voiture j’ai parfois eu droit à quelques réflexions. Que mon véhicule sentait le chien, et moi aussi. Que le chien n’a pas d’utilité. Sans doute parce que c’est nouveau ”.

Ce qui compte, c’est d’aimer son chien. Et ça, les hommes comme les femmes en sont capables. En tout cas, du côté des chiens, pas de machisme! Qu’ils soient mâles ou femelles, pas de discriminations, seules comptent les capacités. Et tous les ont. “ Le seul ennui, c’est quand la femelle a ses chaleurs. Elle peut vite déstabiliser ses compagnons ”, sourit Violaine Colantoni.

Ancienne accompagnatrice de train à la SNCB, Violaine voulait garder le contact avec les voyageurs en rentrant en 2005 à la police. “ En intervention, le chien a un rôle dissuasif. Pourtant, lors de mes patrouilles, les gens viennent plus facilement vers moi grâce à mon chien ”, ajoute-t-elle.

L’amour inconditionnel qu’elle porte aux chiens, depuis son premier berger belge à 2 ans, l’a conduite à la police des chemins de fer.

15.000 euros de sa poche

Pour cette inspectrice, son amour n’a pas de prix. Pour travailler avec son chien, Eska, notre agent n’a pas regardé à la dépense. Le chien, le harnais, la muselière, la laisse, la cage, le chenil, la nourriture, et sans compter le reste. Aucun frais ne lui a été épargné pour son premier chien. Un investissement de départ qui s’élève à 15.000 euros. La police ne veut rien débourser avant que l’agent et son premier chien ne soient déjà formés.

“ Dans mon cas, j’ai dû sortir l’argent de ma poche. Si on ne vit pas pour le chien, on abandonne très facilement ”, explique notre cynophile.

Un chien, c’est de l’argent mais aussi du temps. Avant de travailler, il faut le promener, le préparer. Le chien policier reçoit aussi une formation en même temps que son maître. C’est le binôme chien et maître qui passe les examens. Tous deux doivent réussir.“ La où le policier passe, le chien doit aussi passer. Quand le chien ne peut pas passer un obstacle au risque de se blesser, je dois le porter sur mes épaules ”, raconte l’inspectrice de la police des chemins de fer.

Constamment ensemble

Violaine a investi beaucoup d’argent mais elle doit encore investir du temps. On ne peut pas se permettre d’acheter un chien pour le laisser de côté. Il faut le laver, lui donner à manger, le promener. “Ils nous rendent de grands services et travaillent toute la journée. Ils ont le droit de détendre aussi ”, conclut Violaine Colantoni.

 
Plus d'articles...
En kiosque!
Bannière
Bannière
Bannière
Vous aimez? Partagez!
Pas encore Fan?
Mon Chien Magazine sur Facebook